UK : la pub pour la malbouffe interdite, et l'état de la nature vu comme menace pour la sécurité nationale
Si tu pensais que l’Angleterre, c’est juste du fish & chips, un Brexit éternel et des averses, détrompe-toi. En ce début d’année 2026, le Royaume-Uni a fait deux moves dont même Westminster ne peut se moquer.
1. La pub pour la junk-food, c’est fini (en gros)
Depuis le 5 janvier 2026, le gouvernement britannique a mis en place une interdiction assez radicale des publicités pour les aliments « moins sains », autrement dit les produits riches en gras, sel ou sucre. Concrètement :
- Plus d’annonces pour ces produits avant 21 h à la télé (le fameux watershed), c’est fini.
- Online, c’est encore plus strict : toute publicité payante pour ces produits est interdite, à toute heure.
L’objectif ? Réduire l’exposition des enfants à cette pub et, selon les estimations gouvernementales, retirer jusqu’à 7,2 milliards de calories par an des régimes des enfants britanniques, diminuer l’obésité infantile (environ 20 000 cas en moins) et générer un bénéfice sanitaire estimé à ~2 milliards de livres.
Et rien que pour info : l’interdiction ne tombe pas du ciel en 2026. C’est une vieille idée qui traîne depuis plusieurs gouvernements, qui a été retardée, discutée, reformulée, etc. Mais là, c’est enfin entré en vigueur.
👉 Pas de pub pour les friandises, sodas, snacks ultra gras devant les enfants (et, en ligne, pas du tout). Voici une vraie tentative de réguler l’environnement alimentaire, comme on l’a fait pour le tabac il y a longtemps.
Ultra-transformés : plus qu’un débat santé, un souci de société
Ce qui est intéressant, c’est que cette décision ne sort pas d’un vide politique. La science tire la sonnette d’alarme depuis des années sur les aliments ultra-transformés. Des chercheurs de Harvard, Duke ou du Michigan expliquent qu’ils sont conçus pour accrocher le palais et inciter à manger davantage.
Ce n’est pas juste une question d’IMC : ces produits sont liés à un accroissement des risques cardiovasculaires, du diabète, du cancer, voire des troubles métaboliques et psychiatriques. C'est de la science...
👉 Réduire l’influence industrielle sur nos choix alimentaires, tout comme on l’a fait avec le tabac ou l’alcool dans d’autres contextes.
2. Et maintenant… la nature est une question de sécurité nationale
Et là, accroche-toi à ton Earl Grey.
Le ministère britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales (DEFRA), avec la contribution des services de renseignement (on parle MI5, MI6…), a publié un rapport stratégique de 14 pages intitulé Global biodiversity loss, ecosystem collapse and national security.
Ça sonne sérieux ? Bah ça l’est.
Ce document officiel dit une chose à la fois très simple et très cataclysmique :
👉 La dégradation ou l’effondrement des écosystèmes dans le monde menace directement la sécurité et la prospérité du Royaume-Uni.
Ce que dit concrètement le rapport
- Les écosystèmes essentiels, comme l’Amazonie, la forêt du Congo, l’Himalaya, les récifs coralliens ou les forêts boréales, sont en train de se dégrader ou sur le point de s’effondrer.
- Sans intervention majeure, ce processus va s’aggraver jusqu’à 2050 et au-delà.
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Cela aura un effet domino global :
- Chocs sur les chaînes alimentaires, avec des pénuries potentielles ou des hausses de prix, ce qui met la sécurité alimentaire britannique en danger.
- Instabilité géopolitique, conflits, migrations massives, concurrence accrue pour l’eau et la nourriture.
- Risques sanitaires, maladies émergentes, perturbations économiques… tout ce qu’on pensait être loin nous tombe dessus.
👉 la nature, c’est un pilier de l’économie, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, et donc de la stabilité sociale et politique.
En résumé
- Pub pour la malbouffe bannie certes, mais pour une raison logique : on sait que ces pubs influencent de façon mesurable la santé des enfants.
- Les ultra-transformés ne sont pas juste « mauvais », ils fonctionnent comme des produits conçus pour maximiser l’envie et la consommation, ce qui justifie des politiques publiques ambitieuses.
- Un rapport stratégique du gouvernement britannique dit carrément que la dégradation environnementale mondiale est une question de sécurité nationale et de prospérité. Ce n’est plus un sujet à clip vidéo cute sur Instagram, c’est au cœur de la politique d’État.
Nous, chez GUS, on aime comprendre les mécanismes.
« On arrête de penser que manger mal ou détruire la nature n’a aucune conséquence sur notre stabilité sociale. Ça fait partie de notre sécurité, de notre économie, de notre futur. »
Un pays ose relier santé publique, sécurité alimentaire et stabilité nationale. Et même si c’est encore timide sur certains aspects, c’est un réel virage.
Alors on applaudit ? Oui. On critique ? avec rigueur. Et on continue à regarder ce qui se passe, parce que ce n’est que le début d’un débat essentiel.
🖼️ Ramona Waldner at Lumas Art Gallery thank you for this beautiful picture, I felt in love with it in Berlin ...